
Dans le cadre de la célébration du 30ᵉ anniversaire de la Police municipale, le Directeur général de la Police municipale de Bobo-Dioulasso, Seydou Coulibaly, nous a accordé une interview. Dans ces lignes celui-ci revient sur les activités prévues dans le cadre de cette célébration. Lisez !
Pouvez-vous rappeler l’historique de la Police municipale au Burkina Faso ?
Merci pour l’occasion que vous nous donnez de parler de la Police municipale et des activités prévues pour ses 30 ans. La Police municipale, comme son nom l’indique, est un organe de la municipalité chargé d’accompagner les élus dans l’exercice de leur pouvoir de police. Elle existait déjà dans les années 1977, mais elle a été dissoute avec l’avènement de la Révolution. Elle a été recréée en 1995 pour appuyer les élus locaux dans la mise en œuvre de leurs missions de police. C’est dans ce même contexte que la Police municipale de Bobo-Dioulasso a été installée, afin d’accompagner le maire dans la réalisation de sa politique de développement local.
Quelles sont les missions essentielles de la Police municipale ?
Les missions de la Police municipale tournent autour d’un principe central : l’ordre public. Cette notion englobe la tranquillité publique, la sécurité, la salubrité, les bonnes mœurs et l’esthétique environnementale. La Police municipale s’appuie principalement sur les pouvoirs de police du maire. Mais ces missions ont évolué au fil du temps. Avec les nouvelles lois, les agents disposent aujourd’hui de compétences élargies en matière de police judiciaire, ce qui augmente considérablement l’étendue et la charge de leurs responsabilités.
Que peut-on retenir de 30 ans d’action de la Police municipale ?
Dresser un bilan exhaustif de 30 ans d’activité n’est pas simple. Ce qui est certain, c’est que la réussite des mandats municipaux dépend en grande partie de l’opérationnalisation des polices municipales. Pour donner un exemple concret, en 2025, la Direction générale de la Police municipale de Bobo-Dioulasso a déjà généré entre 100 et 115 millions de francs CFA au profit du Trésor public, au titre des recettes de la commune. De façon générale, le bilan est positif. Si vous interrogez les citoyens, vous constaterez que la Police municipale est perçue comme un service nécessaire qui abat un travail important sur le terrain.
Quels sont les temps forts prévus pour les 30 ans de la Police municipale ?
L’organisation des activités se fait à deux niveaux. Un comité national coordonne celles prévues à Ouagadougou, tandis qu’un comité restreint prend en charge celles de Bobo-Dioulasso. Au plan national, le lancement officiel est prévu le 28 à Ouagadougou. À Bobo-Dioulasso, les activités débuteront les 1er et 2 décembre par deux conférences à la salle de conférence du Conseil régional. Le 3 décembre sera consacré à une journée Faso Mebo, au cours de laquelle les agents délaisseront leurs activités habituelles pour participer à des actions citoyennes. Le 4 décembre marquera l’ouverture des Journées portes ouvertes et du village d’exposition. Ce même jour, à 15h, un cross populaire aura lieu sur la place de la mairie et toute la population est invitée à y participer. Le 5 décembre se tiendra une grande caravane de sensibilisation sur le port du casque. À Ouagadougou, les activités se poursuivront avec des tournois de football, des tirs au PA, des prières dans les lieux de culte et une soirée gala destinée à remercier les partenaires.
Comment imaginez-vous la Police municipale dans les 30 prochaines années ?
Nous travaillons actuellement sur de nouvelles projections et nous partagerons ces réflexions avec la presse une fois le travail finalisé. Ce qui est certain, c’est que nous visons une Police municipale respectée, pleinement opérationnelle et très proche des populations. C’est la ligne directrice de notre vision pour les décennies à venir.
Votre mot de fin à l’endroit de la population de Sya?
J’invite l’ensemble des habitants de Bobo-Dioulasso à participer massivement aux activités prévues. La conférence d’ouverture à la salle du Conseil régional doit faire salle comble. Une faible mobilisation pourrait laisser croire que la population ne comprend pas ou ne fait pas confiance à sa Police municipale. Je suis convaincu que les Bobolaises et Bobolais répondront présents, comme ils l’ont toujours fait. J’invite également chacun à prendre part au cross et à venir découvrir, lors des Journées portes ouvertes, nos missions, notre matériel et l’ensemble de nos prérogatives. Tout se déroulera à la place de la mairie.
Interview réalisée
Par Ayméric KANI
Sandra NIGNAN/Stagiaire