Soutenance de thèse à l’Université Thomas SANKARA: Docteur Sanou Magan Papa analyse les mécanismes anti-terroristes des OIA

SANOU Magan Papa est désormais Docteur. Il a défendu sa thèse le samedi 1er février 2025 devant un Jury composé des éminents Professeurs de Droit. C’était à l’Université Thomas SANKARA.

 

Sur le thème «Les organisations internationales africaines et la lutte contre le terrorisme au Sahel», le désormais Docteur SANOU a conduit ses travaux sous la direction du Professeur Augustin Marie-Gervais LOADA, Professeur Titulaire en droit et science politique et la co-direction du Professeur Ousseni ILLY, agrégé des facultés de droit Université Thomas SANKARA.

Ayant rappelé le contexte sécuritaire dans la région du Sahel où l’actualité brulante des attaques terroristes y révèle qu’aucun facteur n’a autant contribué aux problèmes sécuritaires actuels que le fléau du terrorisme, l’impétrant a précisé l’objet de son étude. Il s’agissait en effet d’analyser les mécanismes anti-terroristes des OIA au Sahel pour y voir leur contribution, leur impact mais aussi, leurs limites et de dégager des perspectives d’une stratégie plus efficace. Autrement dit, cerner les cadres théoriques et pratiques d’élaboration d’un nouvel ordre sécuritaire anti-terroriste des OIA, mesurer son effectivité et son efficacité.

«L’intervention des OIA dans la lutte contre le terrorisme,… reste inefficace»

L’impétrant est parvenu à la conclusion que l’intervention des OIA dans la lutte contre le terrorisme, bien que bonne en intention reste inefficace. Il reconnait que loin d’être purement rhétorique, la lutte contre le terrorisme international représente aujourd’hui à plusieurs égards le champ privilégié de l’action des OIA. Cependant, à l’image d’un tsunami, le phénomène terroriste, du fait de la tempête violente et grave d’une ampleur inédite qu’il occasionne, provoque un bouleversement des édifices juridiques et institutionnels des Etats et organisations internationales africains. Confrontées à la complexité et à la spécificité du phénomène terroriste, les OIA éprouvent aujourd’hui de nombreuses difficultés à concevoir et à s’appuyer sur un corps de règles communes et d’institutions efficaces pour réprimer le terrorisme.

Selon l’impétrant, si l’on ne peut nier la grande avancée des capacités juridiques et institutionnelles de certaines OIA, on reconnait toutefois que ces capacités n’ont pas encore atteint un niveau qui permet à ces dernières de lutter efficacement contre le terrorisme. Il fait donc allusion aux mécanismes de maintien de la paix expérimentés dans le cadre de l’Architecture de paix et de sécurité de l’UA, du mécanisme de prévention et de gestion des conflits de la CEDEAO qui restent inefficaces. En effet, la Force africaine en attente (FAA) de l’UA et le Groupe de contrôle du cessez-le-feu (ECOMOG) de la CEDEAO restent endormies face aux attaques terroristes.

Les multiples projets spécifiques de coopération à vocation antiterroriste initiés à travers le Sahel notamment au sein de la CEN-SAD, du Comité d’état-major Opérationnel Conjoint (CEMOC), de l’Unité de fusion et de liaison (UFL), de la CBLT, et du G5 Sahel n’ont pas abouti. L’aventure poursuivie avec le Processus de Nouakchott lancé le 18 décembre 2014 dans le cadre de l’Union Africaine et avec l’initiative d’Accra a échoué. La création récente de l’AES bien que salutaire, suscite les mêmes inquiétudes aux regard des problématiques communes aux OIA.