Musique : « Tous ceux qui doutaient de ma passion verront qu’ils se sont trompés », Toussiane Badélé dit Élue 111

Jeune, dynamique et talentueuse, Elue 111, à l’état civil Toussiane Badélé, est une jeune artiste chanteuse burkinabè âgée de 24 ans. Native de la ville de Koudougou d’un papa bouché et d’une maman infirmière, la passion pour la musique de cette jeune a débuté depuis sa tendre enfance. Cette nouvelle coqueluche de la musique burkinabè à tendance urbaine, nous raconte sa passion pour la musique.

Pourquoi le nom Elue 111

C’est pour dire que j’ai été choisie un 1er novembre. Car moi, tous les Hommes sur terre sont des élus, des choix de Dieu pour quelque chose. Quand on va prendre ma date de naissance, ça fait 1 -11. Du coup, je suis Elue 111.

Parlez- nous de votre enfance et de votre formation

J’ai fait l’enfance à Koudougou jusqu’au CM2. Après, je suis allée en formation chez les sœurs à Latodin, à 25 km de Yako, où j’ai fait de la sixième jusqu’en troisième. Ensuite, j’ai changé de maison de formation à Dédougou où j’ai fait seulement la seconde. Et je suis revenue à Koudougou ou j’ai obtenu le bac. Puis, je suis venue à Ouagadougou pour faire les études supérieures en communication marketing. J’y ai fait trois ans. Je suis actuellement en pause, entrain de voir si je dois continuer dans la communication ou changer de filière.

D’où est née cette passion pour la musique ?

Je pense que c’est maman qui a les gènes de la musique. Elle est de la diaspora. Elle est née en Côte d’Ivoire. Depuis toute petite, elle nous organise des compétitions, des concours de danse à la maison, dans le quartier. Elle disait que c’est ce qu’elle faisait, quand elle était petite à Abidjan pendant les vacances. Je pense que l’amour est venu de là. Je l’entendais souvent chanter.

A l’école primaire, je me suis essayé dans la danse. Je faisais partie des troupes de danse et parallèlement je chantais. Ce qui a vraiment marqué le chant, c’est à l’église. Parce que quand jetais petite, comme activité para scolaire, il y avait des mouvements tels que les chorales des enfants.  Donc rapidement à 6 ans 7 ans déjà, j’étais dans ça et c’est là-bas qu’un grand frère a trouvé que j’avais un beau timbre. Il y avait un concert en préparation où on voulait des enfants pour interpréter des chansons.

Il m’a fait confiance. J’ai bossé la chanson et c’est parti pour le premier concert à 7 ans. J’ai interprété une chanson. Après, ça a continué comme cela. Mais après la coupure, le fait de quitter l’école primaire pour l’internat. Mais, à l’internat on chantait toujours après la chorale et on chantait. Maintenant, c’est après le baccalauréat que j’ai décidé de faire Faso academy en 2017 et j’ai quitté l’aventure en demi-finale. Après, on a essayé avec des amis un truc pour voir si ça va donner.

On a fait le premier single « tu es parti » avec l’arrangeur Mister Wens. On a vu que la chanson faisait son bonhomme de chemin. Pour quelqu’un qui venait d’entrer, il y avait de bon retour. Car, cette chanson m’a fait tourner un peu hors du pays (Accra). Donc je me suis dit, qu’on va continuer.

Dans quel genre musical évoluez-vous et combien d’album avez-vous à votre actif ?

C’est compliqué pour moi de faire un choix, quand on parle de genre musical. Pour quelqu’un qui a fait la chorale, qui a été interprète, qui a fait les chœurs de certains artistes, c’est vraiment difficile pour moi de choisir un style. Pour le moment, j’essaie de toucher un peu à tout, comme je le sens.

Quand j’ai envie de transmettre un message et je sens que ça va aller avec le reggae ou le slow, je le fais parce que la musique, il ne faut pas se donner des limites. Donc pour le moment, c’est de la variété que je fais. Et j’ai un album en préparation, mais pour le moment j’ai 7 singles à mon actif où on peut retrouver du rap, du reggae, slow…

On sait qu’il n’est pas facile pour les femmes qui sont dans le milieu musicale, est ce qu’il vous est arrivé d’avoir des propositions indécentes ?

Oui, c’est courant, mais je vais souligner que c’est dans tous les domaines. Ce n’est pas seulement dans le domaine musical car pour dire vrai, j’ai essayé le côté professionnel, j’ai vu que c’est pareil. Il y a des propositions indécentes quand même.

Et quelle est votre réaction dans ces genres de situations ?

Ça ne m’intéresse pas, parce que la plupart du temps, on veut sortir avec toi en échange de scène, de visibilité. Moi j’ai confiance à mon talent et je sais que c’est une question de temps. Je sais que je n’ai pas besoin de passer par ça pour percer. Sinon au départ, c’est une question de passion, de plaisir. Je suis venue avec mes principes. Aller à l’encontre de ceux-là pour forcement réussir, ce n’est pas une fin en soi.

Qu’est-ce que la musique vous apporte ?

La joie et surtout la confiance en soi. Avec elle, je suis arrivée à un niveau où je peux m’exprimer facilement et je fais de très belles rencontres. C’est un partenariat gagnant-gagnant. Parce que quelqu’un peut me faire des critiques, mais en même temps la personne me donne de l’énergie. Ce n’est pas un truc que tout le monde a.

Par exemple pour quelqu’un qui est dans un bureau, ce n’est pas sûr qu’il aura un encouragement pareil, qu’on lui donne tout le temps. Mais moi, j’en reçois presque à chaque scène, de l’amour comme de la haine. Mais jusque-là, même quand c’est chaud souvent la musique m’apporte de la joue quand même. C’est la seule chose que je fais en étant toute joyeuse malgré les problèmes qu’il y a.

A part la musique, quelles autres activités vous menez ?

Je n’aime pas être du tout être stable. Déjà même pendant la licence, jetais en cours du soir et je suis commerciale dans une entreprise de la place. Ça fait que parallèlement aussi je vends des téléphones et du tout. Et puis je fais aussi des jus de teedo, pour ceux qui me suivent sur WhatsApp, ils ont droit à des livraisons. Ce sont les petites activités que je fais autour.

Quel est votre rêve d’artiste

Je veux vivre de ça. Jusque-là, les parents me soutiennent mais ils ont un peu peur. Ils n’ont pas tellement confiance aux revenus de la musique et ils se demandent si je vais m’en sortir dans ce milieu. Mon rêve, c’est que tous ceux de mon entourage qui doutaient de ça se disent qu’elle a bien fait de faire la musique.

Je veux aussi surtout aider, parce que si Dieu va me bénir comme je veux, qu’il me donne aussi la capacité d’aider mon entourage. C’est ça aussi l’artiste, être le porte-parole de beaucoup de gens, en même temps soulager.

L’entreprenariat féminin surtout dans le domaine musical, qu’en pensez-vous ?

C’est une bonne chose. Comme je le dis, à un moment donné, être artiste ne dépend plus de toi. A un moment donné, tu as beaucoup plus de charges que tu ne le penses. Tu es beaucoup suivi. Donc l’idée d’entreprendre donne forcement à d’autres jeunes filles ou à des gens qui te prennent comme idole, tu donnes forcément le courage à d’autres gens.

Donc, c’est toujours bien de faire le premier pas. Vu que tu es le point de mire et que tout le monde te regarde. Courage à tous ceux qui se lancent là-dans. Et en même temps, vu la musique au Burkina, c’est toujours mieux de faire quelque chose en parallèle. Parce qu’on ne sait jamais. Tout peut basculer du jour au lendemain.

Aïcha TRAORE

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