Transition politique au Mali : A qui profiterait un assassinat d’Assimi Goïta ?

Le président de la transition au Mali, le Colonel Assimi Goïta a échappé à un assassinat après la prière de la fête de l’Aïd El Kébir ou fête de Tabaski. Un jeune homme armé de couteau a foncé sur le président. Heureusement que sa sécurité a réussi à le neutraliser. Mettant ainsi hors de danger le président. Mais la question qui se pose est de savoir qui a-t-il intérêt à assassiner le président ? Autrement, à qui peut profiter l’assassinat du président de la Transition ?

Il est évident que la direction prise par le président pour faire aboutir le processus de transition et remettre le Mali sur les rails de la bonne gouvernance et du développement au profit de l’ensemble des Maliens, ne devait plaire à tout le monde. Notamment les nostalgiques des pouvoirs antérieurs, dont certains ruminent jusqu’à présent leur rancune. Assimi Goïta n’a donc pas que des amis au Mali. Même dans son camp au pouvoir, il se trouve des gens qui auraient voulu être à sa place. S’ils ne sont pas pistonnés par d’autres tapis dans l’ombre et qui rêvent d’être khalife à la place du khalife. Inutile aussi de dire qu’Assimi Goïta ne compte pas beaucoup d’amis au sein des forces terroristes qui voient tout de suite son engagement à les combattre, ruiner tous leurs espoirs.

Ce qu’il faut retenir est que, comme toutes les transitions, celle du Mali n’échappe pas aux tensions internes, soutenues de l’intérieur ou de l’extérieur, dont les objectifs sont de la remettre en cause. C’est donc un phénomène politique normal, inhérent à toute transition, que le Mali est entrain de traverser. Même si le président présente cette tentative d’assassinat d’acte isolé, il reste entendu qu’il traduit une certaine opinion malienne qui n’entend perdre tous des avantages acquis depuis des années.

Cette tentative d’assassinat vient aussi rappeler aux autorités maliennes que le combat pour la réussite de la transition est loin d’être gagné. Il est d’autant plus long et difficile qu’il consiste à refonder profondément le Mali tant sur le plan sécuritaire que sur le plan de la gouvernance politique, administrative, sociale et économique.

Dénis Dafranius SANOU

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