Tunisie : Retour en 2011

Le 14 janvier 2021 marque le 10ème anniversaire de la révolution tunisienne. En effet, c’est le 14 janvier 2011 que la rue a eu raison du pouvoir de Ben Ali qui a dirigé le pays pendant 23 ans. La corruption et surtout le chômage sont les deux causes profondes de cette crise sociale qui a mis fin au règne de Ben Ali. Dix ans après la chute du dictateur Ben Ali, les espoirs des Tunisiens demeurent déçus. Face donc à ce que le peuple qualifie d’une « incapacité des politiciens », il a préféré descendre dans les rues de Tunisie et certaines villes du pays. Malgré le remaniement du gouvernement intervenu le 16 janvier 2021 par le Premier ministre Hichem Mechichi, les chaudes journées et nuits se répètent au lendemain de cet anniversaire de la révolution.
Face au rebond de la Covid-19, le gouvernement tunisien à décrété le confinement avec un couvre-feu. Malgré cette exigence sanitaire, les Tunisiens, particulièrement les jeunes ont pris d’assaut les rues pour exprimer leur ras-le-bol aux dirigeants. Les forces de sécurité sont permanemment déployées sur le terrain, pour stopper le courroux des manifestants. Hier à la mi-journée, Radio France Internationale (RFI) faisait cas de plusieurs centaines (plus de 600) de jeunes manifestants arrêtés. Particulièrement victimes du chômage et de la pauvreté, ces jeunes seraient majoritairement dans la fourchette de 20 à 25 ans. Ils préfèrent les chauds affrontements pour espérer avoir des lendemains meilleurs, que de périr à cause du chômage et de la pauvreté. Car, se sont ces causes qui ont entrainé la chute de Ben Ali. Les attentes du peuple envers le gouvernement mis en place étaient fortes. Malheureusement, 10 ans après la chute de Ben Ali, la pauvreté et le chômage n’ont pas été absorbés. Autrement dit, les Tunisiens sont rattrapés par ce qui les avait poussés à descendre dans les rues en 2011.
En fin 2019, le taux du chômage était à 14,9 % selon l’Institut national des statistiques (INS) en Tunisie. Malheureusement, le même institut va constater une hausse dudit taux à 16,2 % au troisième trimestre de 2020. Face donc à leurs destins, les Tunisiens dénoncent les actions des gouvernants qui n’arrivent pas à créer des emplois pour la jeunesse qui croupit sous le poids du chômage et ses corollaires. Exactement comme en 2011, le peuple veut contraindre les dirigeants à mettre en place une gouvernance capable de juguler la corruption et le chômage, voire la pauvreté. Les Tunisiens se retrouvent ainsi en 2021 à la case départ de 2010 sous le dictateur Ben Ali. Comme quoi, les mêmes causes produisent les mêmes conséquences. Vivement, que le dialogue puisse avoir raison de la violence pour ce peuple africain de Tunisie.

Souro DAO

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