Le procès de l’ex-président de l’université Nazi Boni, Macaire Ouéùdraogo, a repris ce lundi 05 mai 2025 au TGI de Bobo. Il est poursuivi pour abus de fonction, de détournement de deniers publics, de fraude dans la passation de marchés publics et de blanchiment de capitaux.
Les débats ont repris là où ils s’étaient arrêtés lors de la dernière audience. Elle a commencé avec l’affaire de détournement de carburant d’un montant de 1 960 000 F CFA dans laquelle est impliqué l’ex-président de l’université Nazi Boni. Dès l’ouverture du procès, le tribunal a fait lecture des faits qui lui sont reprochés. Il a demandé de savoir s’il reconnaît les faits de détournement de carburant de l’université. Macaire répond qu’il ne les reconnaît pas. « C’est une carte de dotation que j’ai utilisée. Les cartes de fonctionnement étaient gérées par mon chauffeur », dit-il.
L’avocat du REN-LAC, partie civile, demande au prévenu s’il lui arrive souvent d’envoyer son « chauffeur aller prendre de l’argent avec la carte en lieu et place du carburant ? » » Non, je ne l’ai jamais fait « , réplique-t-il. Il poursuit en disant que » seulement pendant la COVID 19, j’ai donné l’ordre de monnayer la carte du carburant pour acheter des masques au profit des étudiants à l’hôpital Sanou Souro ». L’agent judiciaire de l’Etat demande au prévenu s’il y avait un gestionnaire de carburant à l’université ? Il répond par l’affirmative.
Témoignages
Le témoin Eric Bayala était administrateur des services à l’UNB au moment des faits. Que savez-vous de cette affaire ? « Je pense que la plupart des marchés publics ont été passés sans passer par moi. Donc je ne sais pas trop comment ç’a été géré. Vraiment, je ne suis pas informé de beaucoup de choses. Il est donc difficile pour moi de dire ce qui s’est passé », répond-il. Autre témoin dans le dossier est Karim Félix Dembelé. Il est administrateur des services financiers. Que savez-vous de l’affaire Macaire Ouédraogo pendant sa gestion ? « Je n’étais pas à l’université au moment des faits », dit-il. Plusieurs autres appelés à témoigner à la barre en l’occurrence le directeur des affaires financières et la personne responsable des marchés, n’étaient pas en service à l’UNB au moment des faits. Pour cela, le tribunal a jugé bon ne pas les entendre comme témoins sur les faits. Pour la constitution de partie civile, l’avocat du REN-LAC a estimé que les faits sont constitués. Au titre des réclamations, le REN-LAC demande 1 F symbolique et la somme de 1 500 000 F, pour des frais exposés. L’Agent judiciaire de l’Etat représentant l’Etat, s’est également constitué partie civile. Il réclame le paiement de 1 F symbolique à l’université Nazi Boni au titre du préjudice moral. Pour l’AJE, l’image de l’université a été ternie dans cette affaire. Outre cela, il réclame le paiement de 1 000 000 F CFA à l’UNB.
Réquisitions du parquet
Le ministère public a estimé que les faits de détournement de deniers publics ne sont pas constitués. Pour cela, il a demandé de renvoyer le prévenu des fins de poursuites sur ces faits. Cependant, le Procureur a estimé que l’infraction d’abus de fonction et de fraude dans la passation de marchés publics sont caractérisés. Au titre des peines le Parquet a requis une peine d’emprisonnement de 12 mois avec sursis et une amende de 2 millions F CFA ferme. Les avocats de la défense ont plaidé non coupable pour leur client. Pour eux, leur client n’est mêlé à tous ce qu’on lui reproche. En rappel, l’ex-président de l’université Nazi Boni est poursuivi concrètement pour plusieurs faits pendant ses 6 ans passés à la tête de l’institution. Premièrement, d’avoir signé une reconnaissance de dette d’une valeur de plus de 60 millions F CFA sans respecter la procédure normale. Deuxièmement, il lui est reproché d’avoir passé des marchés publics avec d’autres structures sans passer par la réglementation en la matière. Et troisièmement, il est poursuivi de détournement de carburant de l’université d’une valeur de 1 960 000 F CFA. Le verdict est attendu le 2 juin 2025.
B A. D
