Vente de restes d’animaux : Une activité nourricière avec ses réalités

Ils sont entre des odeurs différentes, parfois même des mouches, sans oublier plaintes de certains de leurs voisins. Malgré tout, ils demeurent incontournables dans un monde dit moderne avec des droits. Eux, ce sont les vendeurs de peaux, de têtes, de queues, de pattes, d’excréments, de poiles, d’os…des animaux à Bobo-Dioulasso. Nous avons rendu visite à des vendeurs qui nous parlent de cette activité. 

Tidiane Ouédraogo à côté de son étal de vente

Ils vendent plusieurs dérivés des animaux. Au niveau local, ils sont dits vendeurs de « gnama-gnama » (vendeurs de divers ou « d’ordures »). Ils seraient une dizaine, ou un peu plus. Tidiane Ouédraogo est l’un des vendeurs de « gnama-gnama » au centre-ville de Bobo-Dioulasso, non loin du marché central. Il exerce dans ce milieu il y a plus de 10 ans. « Nos produits servent à des fins différentes. Il y a des clients qui achètent nos articles pour soigner des maladies. Par exemple, les dents de crocodile servent à soigner les maux de dents. Le caméléon est utilisé dans les cas de maladies qui enflent des patients. Les têtes de singes et même le margouillat, servent au traitement des problèmes respiratoires. Certaines personnes font recours à nos produits pour traiter leur impuissance ou améliorer leur virilité… », dit-il. Bien que les acteurs de ce milieu ne soient pas assez nombreux, ils ont une association dont le siège est à côté de la direction régionale de la santé des Hauts-Bassins. Nous avons malheureusement joint leur représentant en vain au téléphone.

Des marchandises importées

En dehors des lièvres, perdrix et autres petits animaux, les dérivés des animaux qu’on retrouve sur place à Bobo-Dioulasso, viennent d’autres pays. « Nos produits viennent de la Côte-d’Ivoire, du Tchad et parfois du Mali », a laissé entendre Tidiane Ouédraogo.

Des peaux et autres dérivés d’animaux (essentiellement sauvages) en vente

Un propos corroboré par Djibril Coulibaly, un autre vendeur de dérivés d’animaux. « Nos produits sont majoritairement importés. Des fournisseurs font la collecte dans ses pays et nous approvisionnent en fonction des réalités d’acquisition. Pour les oiseaux et autres petits animaux, des fournisseurs nous viennent souvent des villages profonds du pays », a-t-il reconnu. Il y a souvent des commandes qui sont faites par des guérisseurs ou par des personnes ayant des sacrifices ou des problèmes à résoudre. A chaque fois qu’il y a une commande d’un produit, des fournisseurs sont informés. La marchandise est souvent vite livrée en fonction de sa disponibilité.

Vue de produits divers

Tout comme il y a des commandes dont la satisfaction prend du temps, compte tenu de la rareté du produit demandé. « Il faut reconnaître que certaines espaces d’animaux sont en voie de disparition. Tout comme il y en a qui sont protégées. Cela ne nous permet pas d’avoir des produits commandés par des clients », a reconnu Adama Soré, un autre vendeur de « Gnama-Gnama ». Bien que considérés comme étant des vendeurs d’ordures, les acteurs de ce milieu sont beaucoup sollicités pour aider à la résolution de problèmes de plusieurs personnes. Malheureusement, avec la démographie et l’instauration de lois pour protéger des espèces, certains produits sont quasi introuvables sur le marché.

Souro DAO

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