
C’est à l’Union africaine que tout cela devait se passer. Les délégations africaines parties à la 81ème session de l’Assemblée Générale des Nations unies ont toutes exposé à la face du monde les difficultés de leurs pays, de leurs peuples mais également du continent pour être global. Dans presque tous les discours, la nécessité pour les peuples africains à disposer d’eux-mêmes, de leurs ressources à travers une gouvernance propre à eux est revenue. La nécessité pour le continent d’avoir un membre permanent au sein du Conseil de sécurité de l’organisation mondiale est revenue sur presque toutes les lèvres. Même sur certaines qui ne sont pas africaines. C’est la preuve que les dirigeants africains et certains dirigeants au plan mondial ont pris conscience des réalités du continent, notamment des aspirations légitimes et pressantes des peuples.
Aussi, si la tribune de l’ONU est bien placée pour partager les expériences et poser les problèmes du continent africain, la tribune de l’Union africaine est la meilleure. A condition d’en faire vraiment une. C’est ici en Afrique, au siège de l’Union africaine ou au sein des organisations sous-régionales, avec les autres pays et dirigeants du continent que nous devrions discuter sérieusement de nos problèmes, partager les expériences et envisager des solutions purement africaines. Ce n’est pas pour tourner le dos à la coopération internationale, mais d’envisager très sérieusement le développement du continent sans trop compter sur l’aide internationale. Ce, d’autant plus que le continent dispose des moyens humains et des ressources naturelles de son développement.
A la tribune de l’ONU, on parle mais malheureusement il y a rarement des solutions. Autrement dit, on y expose les vraies questions dont souffre le monde, dont l’Afrique. Mais, aucun pays ni aucun dirigeant ne prend après, véritablement, de décision pour y trouver des solutions. La question du changement climatique et l’urgence de prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre par exemple a, à plusieurs fois, été posée, voire dénoncée et discutée à la tribune de l’ONU. Mais aucun des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre n’a accepté respecter ses propres engagements.
Le véto et le siège permanent de l’Afrique au Conseil de sécurité ont, à chaque session, préoccupé les dirigeants africains et leurs soutiens. Mais jamais, les cinq membres permanents ne s’en préoccupent guère. Pourquoi continuer à se battre pour un siège qu’on ne veut pas vous donner ? L’Afrique n’a pas à quémander un siège à l’ONU. Elle sait où elle peut se faire entendre et se faire respecter. C’est l’un des continents avec lequel la majorité des grandes puissances, qu’elles soient permanentes ou non à l’ONU, ont des sommets réguliers. Ce qui montre l’importance qu’elle représente aux yeux de ces puissances. Malheureusement, l’Afrique ne sait pas se vendre.
Il y a urgence pour nos chefs d’Etat à saisir le message des peuples, à revenir sur le continent et à repenser rapidement en profondeur le type de gouvernance endogène à adopter pour avoir l’adhésion populaire et légitime, notamment celle de la jeunesse afin qu’elle prenne en main son destin. Ça, ce n’est pas à New York que ça se discute. C’est ici en Afrique, avec les Africains.
Dabaoué Audrianne KANI