Campagne cotonnière 2023-2024 : Le prix des engrais varie de 28 000 à 32 000 FCFA

L’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) a tenu un point de presse relatif au déroulement de la campagne cotonnière 2023-2024 ainsi qu’au bilan de celle de l’année dernière. C’était ce samedi 1er juillet 2023 à Ouagadougou.

Démarrée avec de bonnes prévisions, la campagne cotonnière 2022-2023 n’aura pas tenu toutes ses promesses. En effet, au regard de la situation sécuritaire et économique du pays, la filière coton a été confrontée à d’énormes difficultés. Selon le président de l’association fonds de lissage, Ali Compaoré, c’est une superficie totale de 617.607 hectares qui a finalement été semée au plan national contre une prévision de 714.542 hectares, soit un taux de réalisation de 86%. Aussi, aux difficultés de livraison des commandes d’intrants on peut ajouter l’insécurité grandissante dans certaines parties du pays, les fortes attaques de jassides ayant occasionné des dégâts importants et d’énormes pertes des récoltes. Sur le plan climatique, la pluviométrie a été satisfaisante, mais elle a occasionné des engorgements et des inondations de parcelles. Outre cela, des séquences sèches ainsi qu’un arrêt brutal des précipitations ont été notifiés dans certaines localités. En définitive, ce sont 407.308 tonnes de coton qui ont été produites dont 1.565 tonnes de coton biologique, soit une baisse de 22% par rapport à la campagne précédente.

Prévisions pour la campagne 2023-2024

Au regard de la situation économique intenable, le président de l’association fonds de lissage souligne qu’il faut tempérer la politique de la subvention et faire en sorte que par des mécanismes internes l’AICB puisse amortir le choc et décharger les finances publiques. En rappel, le gouvernement burkinabè a revu à la baisse le montant de sa subvention qui passe de 72 milliards à 10 milliards de FCFA. Entraînant ainsi des répercussions sur le prix des intrants. Selon l’interprofession, ils avaient souhaité de l’Etat une subvention de 46 milliards de FCFA pour porter à 20.000 FCFA le prix des intrants. Cependant face à la situation économique et financière du pays extrêmement difficile, l’Etat était dans l’incapacité de fournir cette somme. En ce qui concerne les droits de cession, l’AICB affirme que dans les différents protocoles d’accord, l’Etat burkinabè se réservait le droit de faire une reconsidération des zones concédées. C’est seulement une réduction de la durée qui a été faite. Ainsi, après une campagne cotonnière assez difficile l’année dernière, l’association interprofessionnelle du coton du Burkina est confiante pour la nouvelle campagne. Tout en s’excusant du retard de la fixation des prix de cession des intrants agricoles et de l’achat du prix du kilogramme de graine au titre de la campagne 2023-2024, l’AICB a pris les décisions suivantes : le prix de l’engrais composés NPKSB (sac de 50kg) est à 26 168 FCFA au prix comptant et 28 000 FCFA à crédit. L’engrais azoté Urée (46% N) est de 29 907 FCFA au comptant et 32 000 FCFA à crédit. L’insecticide pour le traitement de 1 hectare est à 5607 FCFA au comptant et 6000 FCFA à crédit. Par rapport au prix d’achat plancher du coton graine, le premier choix est à 325 FCFA le kilogramme et 300 FCFA/ kg pour le 2ème choix. Quand au prix du coton bio, il est de 375 FCFA selon N’Kambi Nikiebo, président de l’AICB.

Les objectifs de production et les mesures d’accompagnement

Pour cette campagne cotonnière, les objectifs de production ont été fixés à 625 000 tonnes de coton graine conventionnel et à 2 400 tonnes pour le coton bio-équitable. Les mesures vont se traduire par des actions innovantes. Un accent particulier sera mis sur l’utilisation de l’engrais organique au détriment des engrais chimiques afin d’améliorer la fertilité des sols. Aussi, dans la lutte contre la jassides, Ali Compaoré affirme que de nouvelles molécules d’insecticides seront mises à la disposition des cotonculteurs en quantité et à temps. Par ailleurs des sessions de formation et de sensibilisation seront régulièrement réalisées.

Awa Cécile BANGARE

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