Report des législatives en 2021 : politiquement critiquable, légalement fondé

”C’est une forfaiture” ! Le député Moussa Zerbo de l’UPC qui n’a pas pris part au huis clos sur le rapport de la mission parlementaire portant report des élections législatives en couplage possible avec les municipales en 2021 n’y va pas par quatre chemins pour y apposer un ”niet!”. Et même si des députés de l’UPC votaient en faveur de ce projet de loi en cours, cela n’entamerait nullement la position de l’UPC qui s’oppose aux reports des législatives qui devaient se ternir le 22 novembre prochain en couplage avec les présidentielles. Le porte- parole du parti de Zéphirin Diabré, chef de fil de l’opposition politique, estime que rien ne justifie ce report et qu’il viole les accords et dispositions précédentes relatives aux prochaines élections. Ce ne serait que des manigances et une volonté de prolonger d’un an supplémentaire l’actuelle législature à un moment où le processus est déjà bien avancé. Cette lecture politique de la proposition issue de la tournée parlementaire dans les régions du pays directement et fortement touchées par l’insécurité, tranche nettement avec les arguments en faveur de ce qui pourrait bientôt passer comme une lettre à la poste lors de la plénière qui y sera consacrée à l’hémicycle. La loi 81 autorise un tel rapport et les députés auteurs du rapport donnent pour arguments que les populations ont une perception positive de ce projet de report des législatives, qui ne serait que le résultat des avis recueillis sur le terrain lors de la tournée du Président de l’assemblée nationale dans les zones touchées par l’insécurité. L’enjeu sécuritaire prime sur les élections et les populations demandent la paix dans leurs zones pour participer sereinement aux votes. La remarque qu’on peut faire est que le couplage des présidentielles avec les législatives a été introduite à l’occasion de la Transition et l’on se demande pourquoi les législatives seraient reportées pour cause d’insécurité et pas les présidentielles! Une annonce précéderait-elle l’autre de sorte à nous conduire vers un autre report qui rallongerait d’un an le mandat du chef de l’état? Une chose est sûre, les députés sont dans leur droit et l’opposition politique dans son rôle. Si un an de report nous permettra de retrouver la sécurité sur toute l’étendue du territoire nationale pour que toutes les élections tiennent dans les meilleures conditions, il n’y aurait pas lieu de tergiverser. Mais rien ne nous permet de l’affirmer, et c’est en ce sens que cette loi future ressemble à une diversion donnant sa part de raison à la position tranchée de l’UPC. Le projet de loi à forte odeur de politique ne peut qu’être favorable à la majorité présidentielle qui s’accorde du temps! Et Moussa Zerbo de prévenir contre une colère populaire contre le report programmé. Deux versions populaires sur un projet que les députés sont appelés à adopter ou rejeter en toute indépendance d’esprit.

Sibiri SANOU

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