Une fois de plus, on a fait l’affaire des terroristes

22/08/2019
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Ils ont entre autres satisfactions quand les populations cibles de leurs attaques ne s’entendent pas ou mieux s’accusent et se déchirent après leurs attaques. Cette fois encore, comme les fois passées, les Burkinabè ont goulûment mordu à l’hameçon des terroristes. A commencer par les autorités qui, dès l’attaque, ne savaient exactement ce qu’il fallait faire. C’est certainement ce qui explique ce bafouillage communicationnel qu’il y a eu le premier jour de l’attaque et les jours suivants. On peut, à leur décharge faire remarquer que la communication en temps de guerre n’est pas la même en temps de paix. Mieux, la guerre à laquelle on assiste depuis bientôt quatre ans recommande certainement une autre forme de communication que tout le monde n’a pas encore appréhendée.

Heureusement que la majorité des Burkinabè est unanime qu’il faut faire corps avec toutes les forces de défense et de sécurité et toute autre force sociale pour faire face aux terroristes. Malheureusement, il y a des Burkinabè qui n’ont pas encore compris que le péril terroriste est un mauvais thème sur lequel ils ne peuvent surfer. Surtout pour des raisons politiciennes. Pour tout dire, aucun de tous ces hommes politiques qui gueulent autant ne pouvait mieux faire que le pouvoir en place dans le contexte dans lequel on se trouve. Curieusement, tous ceux qui pinaillent sont ceux-là même qui ont grandement contribué à ce que la situation soit difficile pour tout le monde.

Si l’armée est désorganisée, c’est parce qu’à un moment donné des hommes politiques et des personnes de la société civile ont travaillé, consciencieusement ou non, à ce qu’il en soit ainsi. Chacun doit accepter de reconnaître et d’assumer courageusement sa part de responsabilité. Même s’il faut se féliciter de la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), il faut aussi accepter que cette dissolution a désorganisé l’armée burkinabè. Qu’on le veuille ou non, ce sont des faits irréfutables.

Un autre fait et non des moindres, c’est l’adversité politique et même sociale que les Burkinabè ont créée et entretenu avant l’insurrection, sous la transition et après les élections présidentielle et législatives de novembre 2015. Ils sont nombreux les hommes politiques et de la société civile qui se sont sentis trahis et humiliés et qui jusqu’à présent veulent régler leurs comptes aux « traîtres ». C’est un lit bien fait pour les terroristes qui continuent de profiter de ces contradictions pour réussir leur basse besogne. Dès qu’il y a attaque, ces vieilles rancœurs refont surface. Et c’est ce que les terroristes aiment.

Qu’en serait-il si au lendemain de l’attaque de Koutougou le président Roch Marc Christian Kaboré procédait à la dissolution de son gouvernement ? Dans un désordre total en attendant la nomination d’un nouveau gouvernement qui va venir apprendre à lutter contre ces forces du mal, pendant ce temps, elles gagnent du terrain. Il est évident que si le régime Kaboré avait les moyens d’anéantir ces terrorises, certainement qu’on en a parlait plus. Ce n’est donc pas sa faute à lui seul, mais à nous tous. Unissons-nous et allons au front. À défaut, qu’on se taise.

Dabaoué Audrianne KANI



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