DJ Arafat, jusqu’au bout de la vie et même mort

02/09/2019
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DJ Arafat aura vécu sa vie de la manière dont il le voulait jusqu’au bout. Même mort, il a vécu sa vie. Ou du moins ses fans le lui ont rendu. D’aucuns diront que la tombe et même la dépouillée du roi du coupé-décalé a été profanée. Mais en réalité, à analyser autrement ce qui s’est passé ce samedi 31 août au cimetière de Williams-ville où la tombe de DJ Arafat a été ouverte et le cercueil ouvert, ce n’est pas le cas. Certainement que de son vivant, lui-même aurait voulu qu’il en soit ainsi. DJ Arafat a défié la vie jusqu’au bout. Y compris certaines valeurs sociales et morales qui la fondent. On pourrait à cet effet riposter qu’il n’a pas eu le choix. Car vite abandonné par ses parents, il a vécu, grandi et s’est pratiquement forgé dans les rues d’Abidjan. Avec tout ce que celles-ci comportent comme règles parfois contraires aux règles sociales établies. Devenu musicien dans un style venu de la rue, il n’a malheureusement rien fait pour que d’autres ne lui emboîtent le pas. Au contraire, il a travaillé dans son domaine qu’a été la musique à entretenir, voire à faire croire que c’est le meilleur mode de vie. Dommage que ce jeune homme aux talents reconnus n’a pas vite compris. Dommage que son entourage non plus ne l’a pas aidé à comprendre. Chaque homme sur terre a une histoire. Bonne, moins bonne ou pas du tout. Mais les règles sociales sont telles que chacun a dû s’accommoder. Ce que DJ Arafat n’a pas su adopter comme mode de vie. Ayant donc contribué à formater une jeunesse ivoirienne, voire au-delà, presqu’à son image. Celle-ci lui a rendu la monnaie de sa pièce. En pleine journée, honteusement dans les rues d’Abidjan, à la face du monde.

En outre, ce qui s’est passé à Abidjan est une interpellation à la conscience collective sur les fondements de l’éducation que la société, notamment en Afrique, doit offrir aux plus jeunes afin de leur ouvrir les voies de l’espérance, d’une vie en communauté harmonieuse qui caractérise l’Africain. Car, à voir de près, c’est de cela qu’il s’agit le plus. DJ Arafat n’aurait certainement pas vécu tel qu’il l’a fait si ses géniteurs qui le pleurent aujourd’hui et qui devaient le regretter l’avaient encadré dès le bas âge dans la cellule familiale. Il n’aurait certainement pas vécu tel qu’il l’a fait, si la société dans laquelle il s’est retrouvé l’avait encadré à travers ses valeurs cardinales qui la fondent. Les fans de DJ Arafat n’auraient pas à leur tour agi comme ils l’ont fait s’ils savaient ou avaient été éduqués au respect de la mort et de la mémoire de leur idole. Nous devons tous nous interroger et assumer nos responsabilités. Sur toute la ligne, ça a raté.

Ils sont nombreux qui n’ont connu DJ Arafat ou entendu son nom qu’après sa mort. Tellement le genre musical qu’il a choisi ne les a jamais séduits aucunement. Alors que (c’est malheureux) il devait rentrer dans l’histoire après sa mort, ses fans ont décidé qu’il en sera autrement. Et, c’est ce qu’ils ont fait.

DJ Arafat est parti. Il ne s’occupera plus des problèmes de ce monde ici-bas. Cependant sur terre, il a posé des actes que sa mort a révélés. Actes face auxquels il est urgent d’agir. Lui a eu sa méthode. À nous de trouver la méthode contraire. Pour que vive la communauté au sens africain du terme.

Denis Dafranius SANOU

 



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