A quoi servent-elles, toutes ces condamnations hypocrites ?

06/11/2019
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Ils ont depuis longtemps cette habitude de se précipiter et de répandre dans les médias, à travers des déclarations pour condamner les attaques terroristes meurtrières. Si ce n’est pas «fermement», c’est «avec la dernière énergie». Si ce n’est «sans réserve», c’est «vigoureusement». Le tout dans un sentiment de «compassion», de «profonde tristesse», de «consternation» ou encore de «mépris». Quant aux actes terroristes, ils sont qualifiés de «barbares», «d’ignobles», «d’irresponsables», de «lâches», «d’inqualifiables», etc. Et puis, c’est tout! On attend la prochaine attaque meurtrière et on reprend les mêmes condamnations. Dans le cas de l’assassinat du député-maire de Djibo, les condamnations ont fusé de partout. En plus des partis politiques, des chancelleries occidentales ont exprimé leur désapprobation.

On a envie de dire qu’au lieu de passer le temps à condamner (les attaques ont commencé en janvier 2016), il aurait été mieux de prendre les dispositions pour éviter qu’elles surviennent ? Car, c’est bien possible. Car, si tous ces condamnateurs l’avaient voulu (et ils le peuvent), on aurait trouvé les moyens d’y mettre fin. Malheureusement, on a cette impression que tout le monde joue au sapeur-pompier. Encore que là!

En effet, les attaques terroristes en réalité ne sont pas aussi nouvelles qu’on le pense. Si l’on en croit l’ancien Premier ministre Luc Adolphe Tiao, depuis 2013, il y avait déjà des indices d’attaques contre le Burkina Faso. Le Mali était déjà servi. Qu’est-ce qui a été véritablement fait pour les éviter pour qu’aujourd’hui nous ne soyons pas là où nous en sommes? Les attaques terroristes ont débuté en 2015 à Samorogan, à l’Ouest du Burkina. On a condamné. Mais, on a certainement pensé qu’elles allaient se limiter à cette première attaque. Qu’a-t-il été fait pour stopper la verminequi s’amplifiait? Puis est arrivée l’attaque tonitruante et effroyable du café Cappuccino, de l’hôtel Splendid et du bar Taxi-brousse le 16 janvier 2016. Alors que tout le monde ne s’y attendait pas, elle fait de nombreuses victimes et des dégâts. On a encore condamné et puis, c’est tout. Qu’a-t-il été, sérieusement, fait pour stopper la gangrène qui prenait ainsi? Puis d’autres attaques ont suivi, on a condamné ; puis encore d’autres, on a condamné ; et ainsi de suite jusqu’à ce que…ce 3 novembre 2019, Oumarou Dicko, le député-maire de Djibo soit «lâchement» tué. On a encore condamné.

Puis on attend? Trop c’est trop, doit-on dire! Les Burkinabè ne peuvent pas continuer à se contenter de condamnations et à recevoir des compassions. Ils veulent des actes de solidarité concrets. Que des chancelleries occidentales condamnent l’assassinat du député-maire, quoi de plus normal. Mais, il semble qu’elles auraient pu mieux faire en apportant à temps le soutien qu’il fallait à nos forces de défense et de sécurité pour éviter que le maire de Djibo soit si lâchement tué. C’est aussi simple que cela! C’est pourquoi, on a envie de dire que toutes ces condamnations ne sont que de l’hypocrisie.

Dabaoué Audrianne KANI



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