Vérité relative: La décentralisation et les réalités du terrain

08/01/2020
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Depuis l’avènement du pluralisme, voire de la démocratie, le Burkina Faso s’est engagé dans un système de décentralisation. Avec pour objectifs de rapprocher non seulement l’administration des gouvernés, mais aussi de susciter le développement à la base à travers les collectivités territoriales. L’idée en elle est bonne et mérite des lauriers pour les acteurs de cette initiative. Malheureusement sur le terrain, la mise en œuvre de la politique coince toujours. Certains services en province, n’existent que de nom. Tout étant décidé et appliqué à partir de Ouagadougou. Autrement dit, tout est centralisé dans la capitale politique. Dans les provinces, les raisons de la non-disponibilité des services sont diverses. Si la difficulté n’est pas liée aux ressources humaines ou matérielles, elle est due à des restrictions de la loi. Du coup, la décentralisation tant chantée et souhaitée, devient caduque. Que dire du développement à la base, à travers les collectivités territoriales? Des fonds destinés aux communes pour l’exécution de certaines activités, se décaissent difficilement. Ainsi, des activités programmées par les collectivités sont réalisées tardivement ou même ne le sont pas. Les communes qui ont la chance d’avoir des partenaires fidèles et qui financent des activités, s’en sortent mieux. Par contre, pour celles qui ne dépendent majoritairement que du pouvoir central, c’est la «misère», surtout en ce qui concerne les investissements. La redevabilité des exécutifs communaux encouragée par l’Etat, est une occasion de comprendre que l’écart entre les communes est grand. Le partenariat est une politique locale des dirigeants certes. Mais, force est de reconnaître que, lorsque des fonds ne sont pas décaissés à temps, cela influence négativement les prévisions d’une commune. C’est le lieu d’interpeller les dirigeants à changer de fusil d’épaule. Les choses doivent être moins lourdes au niveau des finances. Car, les impôts et autres taxes des collectivités à eux seuls, ne suffisent pas pour assurer le financement des activités. Autrement dit, une chose est d’encourager la décentralisation (administrative et territoriale), une autre est de s’engager pour sa mise en œuvre et surtout pour le suivi. «Gouverner, c’est prévoir», semble-t-il. Car, la plupart des collectivités territoriales ont un problème presque général : la fiscalité. Jusqu’à ce jour, des citoyens n’ont pas encore compris le sens des impôts qu’ils doivent consentir. Car pour eux, tout doit venir de l’Etat. C’est pourquoi, il est important que l’Etat continue d’accompagner les communes (surtout celles rurales), dans la sensibilisation. Quant aux services décentralisés de l’Etat qui sont dans les provinces, les politiques et autres lois méritent une correction, afin qu’ils soient plus autonomes et mieux satisfaire les différentes demandes des administrés. «Il n’est jamais tard pour bien faire», dit-on.

Souro DAO/ daosouro@yahoo.fr



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