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Visiblement, ces politiciens ne valent pas la peine !

10/04/2018
00:00

Il y a, à peine, deux semaines que des responsables du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ont été extirpés du siège du parti à Bobo-Dioulasso parce que des jeunes très remontés, voulaient en découdre physiquement avec eux.Et ce n’est pas la première fois que cela arrive. Ce dimanche 8 avril, c’est au siège du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), parti au pouvoir, que des militants s’en sont pris physiquement au coordonnateur pour la région du parti, Issa Dominique Konaté. Là aussi, ce n’est pas la première fois qu’une bagarre éclate au siège de ce parti, à Bobo-Dioulasso.

En effet, la violence physique en politique est en train de devenir une habitude pour les Burkinabè. Autrement dit, elle, (cette violence) est si fréquente qu’on a l’impression qu’elle devient de plus en plus normale. Et pourtant! C’est le moment de siffler la fin de tels comportements. En prenant des mesures fortes car, si des militants n’ont pas le courage de régler démocratiquement des problèmes de leur parti, ils n’ont pas leur place dans ce parti politique. On aurait donc voulu que très prochainement, le MPP prononce des sanctions fortes contre ces militants qui préfèrent la force physique à l’argument démocratique et la force des arguments à l’argument de la force.

La violence en politique, quelle qu’elle soit, doit être combattue. Car, si on n’y prend garde dès à présent, elle pourrait conduire à des dérapages dont les conséquences pourraient être graves pour la cohésion sociale. Chaque fois qu’un parti politique doit mettre en place ses structures, ce qui devait se passer démocratiquement se transforme en bagarres. C’est une vieille habitude héritée malheureusement des années de la Révolution. Où entre Comités de défense de la révolution (CDR), on n’hésitait pas à régler les différends à coups de poings. Faut-il croire que la démocratie est un luxe pour nous, Africains? Autrement dit, ne sommes-nous pas assez mûrs pour la démocratie?

En tout cas, on comprend difficilement les comportements de tels militants qui sont aux antipodes des règles du jeu démocratique. A moins que ce ne soit le manque de démocratie interne qui les pousse souvent à de tels agissements. Même dans ce cas de manque de démocratie interne, il leur est loisible de quitter tout simplement le parti et «d’aller voir ailleurs», où ils pourront s’exprimer librement. On ne peut permettre, quelles que soient les raisons, que des militants s’en prennent physiquement à d’autres militants. Si le MPP ne réagit pas rapidement et de manière très forte, il cautionnera à l’avenir de tels comportements. En outre, les victimes doivent porter plainte devant la justice qui, à son tour, doit se saisir du dossier et aller jusqu’au bout. On ne peut, en aucun cas, dans un pays de démocratie, tolérer de tels agissements. Ce qui est sûr, l’image du parti dans la province va en prendre un coup. Car, personne ne voudra militer dans un parti politique où on règle les contradictions à des coups de poings ou de têtes. N’est-il pas temps de discipliner tant soit peu ces jeunes activistes effrontés dans les partis politiques, qui n’y comprennent rien, si ce n’est s’attaquer physiquement ou verbalement aux autres?

Dabaoué Audrianne KANI

 



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